jeudi 29 mars 2007

Mon père et sa carrière

Suite à un post de Blue, j'ai eu envi de partager ceci avec vous. Mon père a toujours travaillé pour la STM (Société de Transport de Montréal), anciennement STCUM (Société de Transport de la Communautée Urbaine de Montréal, et préhistoriquement CTCUM (Commission de Tran.... ok, on sais !). Il est entré comme concierge, oui, dans ce temps, il ne disaient pas préposés à l'entretien sanitaire, à 18 ans. On peut dire qu'il en a vu des vertes et des pas mûre.

Premièrement, il m'a déjà raconté qu'une vache... moi je l'appelle comme ça, lui a demandé:
Excusez-moi, monsieur, pouvez-vous venir ici, s.v.p.? (mon père s'avance)
Elle se tourne vers son fils et lui dit: Tu vois, c'est là que tu va finir si tu ne va pas à l'école!

Ça mérite pas un coup de poing en pleine face, ça? Un peu violent, je sais mais mon père est simplement parti.

Dans sa description de tâche, il devais aussi entretenir les tunnels. Même après un suicide. Il ramassait les morceau de cadavre à la pelle, les mettait sur une civière et en attendant les responsables, il mangeait son sandwich. Il m'a déjà dit "ben qu'est-ce que tu voulais que je fasse d'autre en attendant?"

Il fut finalement promu contremaitre. Il dirigeait des équipes de travailleur qui faisaient le même travail qu'il avait fait durant plusieurs années. Mais, la technologie était ce qu'elle est, il fut vite confit dans un bureau, devant un écran d'ordinateur. Ces ordinateurs qui était de vieilles machines qui étaient désuètes pour une autre entreprises, qui les avaient vendues à rabais.

Pour faire une simple recherche, ça pouvais prendre plus de 20 minutes. Mon père, retissant à ce changement, ouvrit la filière et donna le dossier au responsable de la formation. Il lui répondit "nenon, il faut t'habituer à utiliser la technologie". Ce qui fit que depuis l'avènement des ordis, il allait se prendre un café au restaurant "le voyageur" à la station Berri-UQUAM (qui était Berri de Montigny à l'époque) car c'est là que se trouvait son bureau.

Mais, lui ce qu'il aimait du travail de contremaître, c'était d'aller voir ses gars sur le terrain. Au fil du temps, ce sont des chef d'équipe qui faisait ce travail et lui était pris derrière cet écran qui ne donnait pas de résultat. Il décida, après mure réflexion, de rétrograder chauffeur d'autobus. Tous ses collègues ont bien ris de lui car c'était une baisse dans la hiérarchie et par le fait même, baisse de salaire. Mais si tu n'es pas bien dans ton travail, pourquoi continuer. Et de toute façon, chauffeur d'autobus, c'est asser payant. Surtout qu'à cette époque, ils payaient le permis! (juste pour vouis dire, la STM fit des coupure dans ses cadres et son ancien poste et ceux de ses collègues furent abolis peu de temps après son départ)

Il est donc maintenant chauffeur d'autobus. Il adore son nouveau job, même si il doit travailler pour le garage Namur, avec les vieilles anglaises, comme tous les nouveaux.

Un soir où il faisait froid, il était en pause un peu en retrait de l'arrêt et fumait sa cigarette. Une femme était debout devant l'arrêt et il décida d'ouvrir sa porte pour qu'elle puisse attendre au chaud. Elle entre, dit merci et s'assoit. Ensuite, elle se mit à simuler une toux et pointant la cigarette de mon père qu'il fumait la fenêtre ouverte. Vieille tabarn...ouche

Une autre fois, un sans abri lui demande de l'argent pour manger. Mon père lui donne la moitié de son sandwich car il ne donne pas d'argent. Le gars lui a lancé en plein visage en le traitant d'ostie de con.

Si une personne debout derrière le chauffeur veux tousser, vers où se tournera-t-elle? Vers le chauffeur! De plus, vous prendriez un objet qui provient de la bouche d'un inconnu? Plusieurs entrent dans le bus avec une correspondance ou un billet dans la bouche et lui font signe des yeux de le prendre. Aussi, ce n'est pas parce qu'ils sont malcommode qu'ils n'ouvrant pas leurs portes avant d'être arrivés à l'arrêt. Un usager qui se blesse en montant ou en descendants, si l'autobus n'est pas devant un arrêt, les assurances de la STM ne couvre pas les poursuites. Alors un chauffeur peut perdre son job parce qu'il a voulu être fin avec un tata qui ne sais pas mettre un pied devant l'autre.

Pour ce qui est des poussettes, les chauffeurs ne sont pas couverts par la CSST si ils se blessent en aidant une personne à la monter à l'intérieur du bus. Aussi, il demandent de fermer la poussette non pas pour faire de la place mais bien pour protéger l'enfant à l'intérieur. Si il doit faire un arrêt d'urgence, les gens vont l'écraser en tombant. C'est aux passager de faire preuve de civisme et de laisser leur place à un parent qui doit prendre son enfant dans ses bras.

Mon père est maintenant retraité. Je suis allés souvent travailler avec lui les fins de semaine. Vous savez comment ils appellent ça le premier banc en avant? Le banc des scèneux! Et si vous désirez commencer une conversation, ne parlez pas de température. Ils sont parfaitement au courant du temps qu'il fait! Et même si je suis son fils, et bien je ne la connais pas la blague du chauffeur d'autobus!

PS: Vous savez les fameux autobus à plancher bas. Et bien la STM n'en voulait pas. C'est le gouvernement du Québec (PQ je crois à l'époque) qui leur a dit que si ils ne prenaient pas les autobus de la compagnie Nova Bus, ils n'auraient pas la subvention.

Sur ce, bonne journée.
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